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Les portraits de Jacques Derrida,
une collaboration artistique et philosophique

Dédicace de J. Derrida aux artistes

Dédicace de J. Derrida aux artistes « Au nom de la peinture de mes autoportraits incorrigiblement narcissiques… de tout coeur, Jacques – le 5 mars 1998 »

Le site présente le travail artistique de Monique Stobienia et de Thierry Briault, qui ont peint les portraits de Jacques Derrida qui l’ont accompagné de 1995 à 2004.

 

 

 

 

 

 

 

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En général, je dois le dire aussi, certains d’entre vous parmi mes amis, mes proches qui sont ici le savent bien, j’ai un très mauvais rapport à mon image. Je ne supporte pas mon image. Je ne supporte pas les photographies, je ne supporte pas la télévision, mais l’horreur que m’inspire mon image surtout dans une image parlante quand il m’arrive parce que ça m’arrive au hasard, comme ça, de me laisser filmer en train de faire une conférence et qu’on le passe en vidéo, c’est la torture absolue. […] Eh bien la chance que j’ai avec ces 14 ou 18, on ne le saura jamais, ces 16 portraits, c’est que ça me libère de cette gêne, de ce gène, de ces gênes, et donc je le dis en toute simplicité narcissique, je n’éprouve aucune gêne devant ces tableaux. Donc vous m’avez transfiguré.

mg 2375
 mg 2375
Aperture: 4.5Camera: Canon EOS 7DIso: 400Orientation: 1
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Alors ce qui m’a surpris à un moment donné, quand j’ai entendu « corps allégorisé de la personne physique de Derrida », je me suis dit : « Eh, eh, et s’il y avait dans mon corps, dans mon habitus physique, dans ma voix, mes gestes, ma manière de poser mon regard etc., quelque chose qui dise autrement (allegoria, allégorie c’est ce qui parle autrement par la voix de l’autre), qui dise autrement par la voix de l’autre, qui dise autrement ce qu’on appelle déconstruction et qui la dise peut-être mieux ». Au fond, comme si on disait… Peut-être maintenant quand les gens le demanderont, cela m’arrive souvent, on me tend un micro : « alors définissez pour nous, in a nutshell comme on dit en Angleterre à Cambridge, on m’a dit définissez-nous dans une coquille de noix la déconstruction en une phrase ». Alors peut-être que maintenant, je pourrais leur dire : « Ecoutez, il y a une série de portraits là par Thierry Briault et Monique Stobienia, eh bien c’est cela. C’est cela, c’est moi d’abord, voyez, c’est comme cela, c’est ma voix, c’est ma manière de parler, et puis ces portraits au fond c’est cela ». Et je me suis demandé s’il y avait quelque chose, une affinité entre mon corps et ce qu’on appelle de ce nom terrible, la déconstruction. C’est une hypothèse qui ne m’a pas déplu.

Revue Philosophie, philosophie, Université Paris VIII, numéro hors série, 1997
Extraits de la transcription des débats de la soirée organisée au théâtre de l’Odéon en février 1996, « Portrait d’un philosophe », 16 portraits étaient exposés dans la salle du théâtre.

 

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